Journée internationale de lutte contre la violence faite aux femmes

Le 25 novembre est déclaré comme la journée internationale de lutte contre la violence faite aux femmes depuis l’époque des dictatures en Amérique latine. Cette rencontre annuelle donne l’opportunité aux femmes de dénoncer toutes formes de violation et de discrimination qu’elles subissent. Les agressions faites aux femmes apparaissent en majorité dans les familles vivant dans des conditions précaires dans la périphérie de la capitale fédérale de Buenos Aires et dans les autres provinces d’Argentine.

Les femmes se sont mobilisées le 25 novembre 2011 pour dénoncer la mort d’une jeune fille de Salta, âgée de 13 ans, victime d’un abus sexuel et d’un avortement clandestin. Ce cas n’est pas unique dans le nord de l’Argentine car plus de 1 700 adolescentes ou jeunes femmes ont avorté de manière illégale cette année. Malgré ces chiffres représentatifs de la réelle nécessité d’une loi reconnaissant l’avortement légal, ce sujet fait défaut dans les hospices de l’église catholique et les enceintes du gouvernement argentin.

La bataille des femmes latines est en marche depuis plusieurs années, et notamment dans les zones les plus reculées de la capitale. La société machiste semble être plus ancrée dans les quartiers, les régions où vivent les familles les plus vulnérables composées de cinq à dix enfants, où les femmes se consacrent essentiellement aux tâches domestiques, où les pratiques traditionnelles sont transformées par un modèle de développement contrasté et paradoxal.

Deuxième ville la plus peuplée d’Amérique du Sud, après Sao Paulo, Buenos Aires comprend plus de 3 millions d’habitants et le Grand Buenos Aires s’élève à 13 millions, tandis que la population totale est de 40 millions d’habitants. La province de Buenos Aires draine des centaines de milliers de familles venant du nord, qui construisent des maisons en taule dans les quartiers difficiles de la capitale, appelés les « villas ». Après avoir économisée un petit pécule, les familles s’orientent ensuite vers les villes les plus reculées de la province de Buenos Aires pour vivre dans de meilleures conditions, qui restent toujours précaires. Les raisons de cette migration vers le sud sont multiples : expropriation des terres, augmentation du niveau de vie, opportunités de travail, etc.

Les femmes en difficulté peuvent avoir une descendance coloniale « criollo », mais pour la majorité elles sont métisses ou d’origine indigène venant de provinces du nord, là ou les peuples originaires ont été chassé de leurs terres. Ces femmes issues des milieux défavorisés subissent ainsi une certaine forme de précarité car elles doivent gérer les changements de vie familiaux. A l’échelle locale de leur quartier, les femmes veillent au bien être de la communauté urbaine grandissante. Au niveau de la société moderne, les femmes tentent de préserver leur tradition, tout en militant pour leurs droits sociaux. La question de la femme est donc foncièrement inscrite dans une diversité de thématiques sociétales en Argentine.