De la « villa » al « campo »
« L’histoire commence dans les années 70 » me dit le cacique de la communauté Toba de Marco Paz, situé dans la périphérie de Buenos Aires. Originaire du Chaco, Simon décide de partir à l’âge de 15 ans vers la capitale pour chercher un travail, car la région du nord est argentin envahie par les plantations de soja, ne lui offre pas les moyens de subvenir aux besoins des ses proches et de construire une vie de famille. Il rejoint quelques « frères Toba » situés dans un quartier populaire de la Boca « Dock Sud », dans lequel ils vivent solidairement de manière très précaire.
Le bidonville appelé « villa » est au début peuplé d’hommes seuls en quête d’un revenu minimum pour survivre. Les membres de la famille viennent ensuite peu à peu s’y installer, formant des foyers composés d’une ribambelle d’enfants. Chacun vit avec humilité sous un toit de tôle et quelques planches de bois, malgré l’usine de transport tout près, la pollution sonore de l’autoroute, les déchets qui s’amoncèlent…
Pendant 20 ans, une trentaine de familles d’origine Toba vivent dans des conditions, qu’elles seules peuvent raconter. Discussions, réunions s’organisent pour insuffler un changement de situation. Les ainés réfléchissent à une autre possibilité de vivre dans un environnement plus sain pour accueillir l’ensemble des familles vivant dans la communauté.
L’un des chefs caciques, Sarmiento s’implique dans des démarches administratives pour obtenir une terre à quelques kilomètres de Buenos Aires. Plusieurs années de lutte et d’acharnement rendent possible la délivrance d’un titre de propriété, et le financement par le gouvernement de la construction de 20 maisons.
La communauté Toba 19 de abril vit depuis sept ans sur un terrain situé dans la ville de Marco Paz, et continue sa lutte pour bénéficier de nouvelles maisons pour les quelques familles restées à Dock sud. L’évolution des conditions de vie de la communauté est notable, cependant le manque de moyens rend difficile le maintien de la culture Toba. La communauté souhaiterait développer un centre communautaire afin de donner des cours linguistiques en Toba aux jeunes, réaliser des activités artisanales, et bénéficier d’un espace d’échanges et de rencontres.















